Question fréquemment posée

Pourquoi faire relire un contrat commercial par Lex4u avant de le signer ?

Scroll

Beaucoup de dirigeants signent des contrats commerciaux importants en se fiant à la confiance qu’ils ont dans leur cocontractant. La confiance est précieuse, mais elle ne remplace pas un texte clair. Le jour où la relation se tend, ce n’est pas la bonne entente initiale qui fait foi devant un juge : c’est le contrat. Faire relire un contrat avant de le signer, c’est s’assurer que ce texte vous protège autant qu’il protège l’autre partie.

Trois axes pour la bonne relecture de vos contrats

La première chose que nous examinons est la répartition des responsabilités. Qui répond de quoi, et jusqu’à quel montant ? De nombreux contrats contiennent des clauses limitatives ou exclusives de responsabilité rédigées au seul avantage de la partie qui a préparé le document. À l’inverse, certaines clauses pénales prévoient des indemnités disproportionnées en cas de manquement. Repérer ces dispositions avant la signature permet de les rééquilibrer, ou au moins de les accepter en toute connaissance de cause.

Les conditions de paiement constituent un deuxième poste sensible. En Belgique, la loi du 14 août 2021, entrée en vigueur le 1ᵉʳ février 2022 et modifiant la loi du 2 août 2002, encadre strictement les délais de paiement entre entreprises. À défaut d’accord, la facture est payable dans les 30 jours. Lorsqu’un délai est convenu, il ne peut en principe pas dépasser 60 jours civils, quelle que soit la taille des entreprises concernées, et toute stipulation contraire est réputée non écrite. Le créancier a par ailleurs droit, en cas de retard, à des intérêts et à une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement. Une relecture vérifie que les clauses de paiement de votre contrat respectent ce cadre et qu’elles ne vous exposent pas à des délais que la loi ne permet plus.

Le troisième point, souvent le plus déterminant, concerne les clauses abusives. Depuis le 1ᵉʳ décembre 2020, le Code de droit économique interdit, dans les contrats conclus entre entreprises, les clauses qui créent un déséquilibre manifeste entre les droits et les obligations des parties. Le législateur a prévu une norme générale, complétée par une liste dite « noire » de clauses toujours interdites et une liste « grise » de clauses présumées abusives sauf preuve contraire. Sont par exemple visées les clauses qui permettent à une partie de modifier unilatéralement le prix sans raison valable, celles qui font renoncer l’autre partie à tout recours en cas de conflit, ou encore les reconductions tacites sans préavis raisonnable. Une clause jugée abusive est nulle, le reste du contrat survivant s’il peut subsister sans elle. Ce régime change la donne : il vous donne un véritable levier pour refuser ou contester une clause déséquilibrée, à condition de l’identifier à temps.

D’autres points d’attention plus discrêts, mais aussi importants

Au-delà de ces trois axes, nous prêtons attention aux clauses de résiliation et à leurs préavis, aux garanties données et reçues, aux conditions de propriété intellectuelle lorsque le contrat porte sur une création ou un développement, aux engagements de confidentialité et au droit applicable, ainsi qu’au tribunal compétent en cas de litige, particulièrement dans les contrats transfrontaliers. Chacun de ces points peut sembler secondaire au moment de signer et se révéler central le jour d’un différend.

D’autres clauses, plus discrètes, méritent le même soin. Une clause de force majeure mal calibrée peut vous priver de toute marge en cas d’événement imprévu, ou au contraire offrir à votre cocontractant une échappatoire trop large. Une clause d’indexation des prix vous protège de l’inflation sur les contrats de longue durée. Les clauses de confidentialité et de non-sollicitation encadrent ce qui se passe pendant et après la relation. Lorsque le contrat porte sur un développement ou une création, la clause de propriété intellectuelle détermine qui possède le résultat du travail : son absence ou son imprécision est l’une des sources de litige les plus fréquentes dans les secteurs techniques et créatifs.

Pour les contrats internationaux

Pour les contrats internationaux, deux clauses gouvernent tout le reste : le droit applicable et la juridiction compétente. Selon le droit choisi et le tribunal désigné, un même litige peut connaître une issue et un coût très différents. Ces clauses, souvent reléguées en fin de contrat, figurent parmi celles qu’il faut examiner en premier dès qu’une partie est établie à l’étranger.

Concrètement, une relecture se déroule rapidement. Nous vous remettons une version annotée du contrat, signalant les points de vigilance, distinguant ce qui est bloquant de ce qui est simplement améliorable, et proposant, le cas échéant, des reformulations prêtes à être soumises à votre cocontractant. Vous gardez la main sur la décision finale : notre rôle est de vous donner une vision claire des risques, pas de décider à votre place.

La relecture n’est pas qu’un exercice de prudence. Elle vous arme pour la négociation. Savoir précisément quelles clauses vous désavantagent vous permet de demander des modifications ciblées, plutôt que de subir un texte préparé par l’autre partie. Rapporté au coût d’un contentieux commercial, qui se chiffre rapidement en milliers d’euros et en mois d’incertitude, le coût d’une relecture est négligeable. C’est l’une des interventions juridiques au meilleur rapport entre l’effort consenti et le risque évité.